mardi, 16 mars 2010
Le choix des ombres
J'avais été enthousiasmée comme rarement par le premier tome : de la dark fantasy violente, crue, à l'image de la magnifique couverture, et pourtant traversée par un souffle épique étourdissant. La Voie des Ombres racontait l'histoire de Kylar, gamin des rues, devenu apprenti assassin sous les ordres du plus grand d'entre eux, Durzo Blint. Tout y était, la filiation, la rédemption, le sacrifice, des méchants vraiment abjects et des héros tout en contradictions, mais pas loin d'être aussi effrayants que les méchants. Un univers plutôt bien planté, riche, foisonnant de seconds rôles tout à fait crédibles, d'intrigues politiques nauséabondes, de créatures étranges et de pouvoirs magiques très cohérents. J'étais tellement fan, que j'ai longtemps reculé avant de me mettre au second tome, par crainte d'être déçue.

Bon sang, quelle erreur ! Le Choix des Ombres est excellent, aussi bon que le premier, en plus sanglant et plus dur. Kylar Stern a décidé de renoncer à sa vie de pisse-culotte. Mais l'Ange de la nuit ne peut choisir de mettre son don au placard, il a un destin et ne pourra s'y soustraire. Je n'en dis pas plus, pour ne pas gâcher votre plaisir.
Et la fin, mon dieu, la fin... Le 3è tome risque de m'achever.
Un seul bémol : je ne supporte pas Elène, une bécasse bien-pensante et ennuyeuse au possible, tandis que les autres femmes se battent pour échapper à leur condition, meurent pour retrouver un semblant de dignité. La Nocte Hemata est très poignante, d'ailleurs.
Une série à découvrir absolument !
Dark challenge, 3/10

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lundi, 01 mars 2010
Metal mélodie (Lecture Intranquille 8)
Dès le début, le ton est donné : Luce, une ado gothico-métal-rebelle ne supporte plus sa mère, Inès. Leurs chamailleries sont devenues si régulières et si violentes qu'Inès part, laissant sa fille toute seule. Quand Luce rentre à la maison, elle ne trouve qu'une lettre de sa mère, qui explique qu'elle a besoin d'une pause dans leurs relations tendues. Puisque Luce se sent adulte, qu'elle gère donc la maison, le quotidien, sa vie. Et qu'elle ne la contacte pas, Inès ne lui répondra pas, pas pour le moment. Elle est en Australie pour son travail, pour de longs mois. Violence, colère, mensonge, souffrance. Le cœur crisse, frotte, se tord devant tant d'amour gâché et piétiné.
Et puis, Luce la révoltée, l'ado perdue, à fleur de peau, décide de prendre son destin en main, pour comprendre. Elle part sur les traces de sa mère, et découvre beaucoup. Sur Inès, sur elle-même surtout. Une renaissance est peut-être possible.
Les mots sont justes, les sentiments touchent au plus profond, on souffre avec Luce, on la claquerait volontiers aussi, mais on ne peut que s'attacher à ce personnage d'ado. La musique est présente tout au long du roman, comme dans les mots. Une très belle lecture, sensible, prenante, qui met les émotions à vif.
Metal Mélodie, de M.Rippert, chez Milan
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mercredi, 24 février 2010
Méto, le Monde (tome 3) Lecture Intranquille 7
Attention, gros coup de coeur !
Le tome 3, et la fin de l'aventure, déjà... J'ai terriblement aimé. Dès le premier tome, j'avais été marquée par cette ambiance étouffante, déroutante, très étrange. Impossible de trouver ses repères dans l'histoire, le malaise s'installe. Enfin une lecture différente, m'étais-je dit à ce moment. Les deux tomes suivants ont tenu leurs promesses, haut la main.
Meto est une uchronie forte, au message politique clair : parfois, il faut savoir désobéir. C'est d'ailleurs la dernière phrase du dernier roman.
Le jeune Méto vit dans un internat qui ressemble fort à une prison. Les règles y semblent absurdes (quand on grandit, le lit craque, et on disparait), on y joue à des jeux d'une violence inouïe (l'inche, sorte de rugby qui se joue à quatre pattes, et d'où les élèves sortent avec fractures, plaies ouvertes, coma, voire pire encore) sous le regard sévère des Césars, les instructeurs de la Maison. Aucune indication sur le monde extérieur, ce qu'il est devenu. On ne sait pas davantage pourquoi ces enfants sont là, pourquoi les serviteurs sont si cruellement traités, ni la raison de la présence des monstres-soldats. Méto se pose des questions, il veut comprendre. Il est régulièrement envoyé au frigo (une sorte de chambre froide d'où on ne sort pas indemme), en punition.
La révolte gronde dans les rangs des petits. Le suspens est franchement haletant, parce que la rebellion fomentée par Méto semble vouée à l'échec.
Méto fait le pari de la solidarité, de la désobéissance civile contre l'autoritarisme aveugle et l'injustice. Il veut comprendre qui il est et ce qu'il fait dans la Maison.
Je ne voudrais pas déflorer les autres tomes, pour ceux qui découvriraient. Disons simplement que le premier se nomme La maison, le second L'île, et le dernier le Monde.
J'aurais aimé que ce dernier tome soit plus long, pour continuer l'aventure plus loin encore avec les personnages, les voir grandir dans ce monde si particulier. J'ai été tenue en haleine durant les trois volumes, et la séparation d'avec Méto est difficile...
Méto, de Yves Grevet, chez Syros
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dimanche, 14 février 2010
Malo de Lange (lecture Intranquille 5)
Je n'ai jamais été déçue en lisant un roman de Marie Aude Murail. Pas une seule fois. J'ai eu un énooorme coup de cœur, l'année dernière, pour Miss Charity, entre autres parce que les lapins de Beatrix Potter ont bercé ma petite enfance. Alors c'est sans même regarder la 4è de couverture que je me suis lancée dans celui-ci. Je ne le regrette pas.
Malo de Lange, c'est l'histoire d'un orphelin qui se retrouve embringué dans une bande de grinches, (de voleurs), au XIXè siècle. Son sens de l'humour, ses comparaisons hasardeuses, et l'utilisation de l'arguche (l'argot) rendent le ton du livre très drôle. Malo doit fuir pour échapper à ses poursuivants mais se retrouve bientôt coincé par d'autres. Il fait des rencontres surprenantes (les portraits sont savoureux ! Toute une galerie de personnages hauts en couleurs, attachants, de vraies « gueules » des bas fonds de Paris).
Malo parvient à se tirer de toutes les situations, mais il n'en sort pas toujours indemne... Le personnage du petit Craquelin, qui voudrait tellement avoir une famille, est très touchant, et l'amour s'invite dans le jeu avec Léonie et La Bouillie. Et puis le suspens, quand même : Malo, dont l'épaule s'orne d'une curieuse fleur de lys, est convoité par des malfrats. Quelles sont donc ses origines, pour qu'il soit aussi précieux ? On s'attache à ce jeune narrateur, qui ne sait pas bien de quel côté son cœur balance : l'honnêteté ou les voleurs ?
Un mélange d'Oliver Twist (Marie Aude Murail est une spécialiste de Dickens, si mes souvenirs sont bons, et on sent son amour pour cette période et ce type de personnages), et de Sans Famille, mené tambour battant.
Malo de Lange, fils de voleur, Marie Aude Murail, à l'Ecole des Loisirs
Lecture Intranquille 4
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vendredi, 12 février 2010
L'Enfer s'occupe du reste (lecture Intranquille 4)
Un bon roman d'espionnage, sur la thématique pas si éculée des crânes de cristal (oui oui, ceux d'Indy, légués par une civilisation extraterrestre). Dans le premier tome, on assistait au recrutement des quatre jeunes espions qui forment le groupe Phénix. Ce second tome les met enfin en situation de mission.
J'avais beaucoup aimé le premier, à la narration très morcelée, ce qui permettait au suspens de s'installer de façon très efficace. Les espions-ados, ce n'est pas nouveau (Horowitz fait ça très bien avec les Alex Rider, ou Muchamore avec Cherub, par exemple, pour les plus connus), mais cette série-ci ne semble pas faire dans l'angélisme. Les héros souffrent, on les sent proches du point de rupture très souvent, on tue à tour de bras (je n'y peux rien, en tant que lecteur, c'est cathartique, tous ces morts) et l'intrigue, qui mêle nanotechnologie et légende des crânes de cristal, est rondement menée. On ne s'ennuie pas une seconde, les lois du genre sont respectées (j'avoue, j'ai été nourrie aux Ludlum, Morrell et confrères), c'est très visuel, haletant, même si les personnages restent finalement un peu schématiques. Un seul regret : les personnages d'Anna et David ne sont pas exploités dans ce tome (et le peu qu'on les voit ne les rend pas attachants), sans doute l'auteur les garde-t-il en réserve pour plus tard.
J'ai beaucoup aimé.
Opération Phénix, tome 2, L'enfer s'occupe du reste, Franck Krebs, chez Gallimard
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mercredi, 10 février 2010
Triskellion 2
Disons-le tout de suite, ce second tome, c'est le ventre mou de la série. Une longue course-poursuite à travers l'Europe pour les jumeaux Rachel et Adam, qui tentent d'échapper à leurs ravisseurs, les scientifiques de la cellule Espoir.
Les jumeaux s'enfuient, avec l'aide du mystérieux Gabriel (que j'ai trouvé bien fade et inactif dans ce tome) et de plein de paires de jumeaux (si si) : écossais, espagnols, marocains et les français Loïc et Lucas (sales, mal élevés, dragueurs et bagarreurs. Ca ne s'invente pas.). Evidemment, les plus forts et les plus intelligents, ce sont nos américains Rachel et Adam. Quand même. Ils marchent au ralenti dans de magnifiques combinaisons orange, les yeux fixés sur l'horizon, devant un hangar rempli d'avions et ils vont sauver le monde. Ah non, là, j'ai confondu. Quoique.
Bref, tous ces jumeaux traversent l'Europe, avec les méchants aux trousses. Et quelle déception, ces méchants ! Le responsable du projet Espoir a des cas de conscience quand il s'agit de faire avancer la science avec des méthodes musclées (en même temps, il a une morgue et une salle de chirurgie dans ses locaux. Il comptait en faire quoi ? des expériences culinaires ?), le chef tortionnaire n'arrive pas à faire ressentir la moindre douleur à notre jumeau qui s'est fort opportunément « retiré en lui-même, sur une plage de sable fin au bord de l'océan » (z'avez vu, je n'ai pas ricané)(mais c'est dur). Je serais lui, je démissionnerais direct.
Mention spéciale pour l'exaspérante Laura, la fausse journaliste, qui découvre le sens du mot étique et passe son temps à chouinouiller et à demander pardon à Kate, la mère des jumeaux. Ah, et le super-méchant, celui dont le capuchon ne renferme qu'ombres terrifiantes à la place du visage, un Palpatine en puissance, est finalement bien inoffensif. Un pétard mouillé. Quel dommage !
Parce qu'il y a d'excellentes trouvailles, là dedans. On en sait enfin un peu plus sur l'origine non humaine des jumeaux, on découvre par flashs la vie des ancêtres de Gabriel, on devine que les pouvoirs des jumeaux vont s'affirmer, on mêle joliment triskell, grottes à peintures rupestres, origines du monde et chaînon manquant pour une théorie fidèle aux convictions de Mulder. Allez, on va dire que le 3è épisode va achever la série de façon magistrale, et qu'on y retrouvera ce rythme lent et envoûtant qui faisait tout le charme et le mystère du premier tome.
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lundi, 01 février 2010
Le jour des abeilles
Le jour des abeilles est un magnifique roman d'amour, où s'entrecroisent intimement les destins des personnages et la Grande Guerre. C'est l'histoire d'une passion dévorante, absolue, mystique, cruelle et violente.
Le narrateur, universitaire passionné par le travail du peintre espagnol Zermano, se rend en Provence, sur les traces de celle qui fut la maîtresse, la muse de l'artiste, et aussi, le professeur en est convaincu, son grand amour. Il veut comprendre pourquoi Zermano a abandonné Louise, au seuil de la guerre, seule dans ce petit village accroché à flanc de collines, au milieu des champs de lavande. Le hasard met en sa possession des lettres de la jeune femme, écrites jour après jour, lettres qu'elle n'a jamais envoyées à Zermano. L'histoire d'amour qui se dévoile alors est douloureuse, terrible. Le peintre croyait mettre Louise à l'abri de la folie des hommes, mais la guerre la rattrape en la personne d'un officier allemand sadique. En pointillés, lettre après lettre, on découvre cet épisode abject qui donne son titre au roman. On le pressentait depuis le début, mais l'histoire va se révéler plus monstrueuse encore. Parce que cette après midi, qu'on croyait être le point culminant du récit n'en est que le point de départ. Pour Louise, c'est le début de l'horreur. Pourtant, blessée, mutilée, humiliée, la jeune femme ne renie jamais son amour pour Zermano. Elle s'engage dans la Résistance, refuse d'abandonner.
C'est poignant, écrit dans un style poétique où fleurissent les métaphores. Ca sent la lavande, le miel, le thym, le sang, les larmes.
J'avais lu le jour des abeilles il y a plusieurs années, et ne me restait que le souvenir d'une lecture coup de poing. Je ne regrette pas de l'avoir relu : cette histoire résonnera longtemps en moi.
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samedi, 30 janvier 2010
Azilis tomes 1 et 2 (lecture Intranquille 3)
Je suis désolée, j'ai totalement spoilé les deux tomes, mais c'est pour la bonne cause. Et franchement, ça vaut le coup de les lire, c'est nettement plus palpitant que ce que j'en dis.
Au Vè siècle, en Gaule, Azilis s'échappe de chez elle, fuyant son frère aîné, violent et tyrannique qui veut la marier de force. La jeune fille, qui a une éducation solide et un don étrange pour soigner, refuse de devenir une épouse soumise. D'autant plus que son cœur bat pour son cousin, l'envoûtant barde Aneurin, qui revient de Constantinople avec des tonnes d'histoires dans ses bagages, ainsi qu'une épée magique, Kaledvour, qu'il veut remettre au roi des bretons, Ambroisius. Azilis prend donc la route avec son esclave Kian et son cousin. A la mort de ce dernier, tué par les hommes de son frère aîné, elle décide de poursuivre la mission d'Aneurin et de remettre elle-même l'épée à Ambroisius qui combat les Saxons.
Et tout à coup, l'histoire bascule (je n'avais rien vu venir, tout emportée que j'étais par les aventures d'Azilis et son histoire d'amour avec Kian). Après une traversée mouvementée de la mer, les compagnons parviennent enfin au camp des bretons, mais le roi est mort. C'est le jeune Arturus qui lui a succédé, un chef charismatique, secondé par le troisième frère de la jeune fille, dont on n'avait plus de nouvelles depuis le début : Caïus, surnommé Kaï. L'épée Kaledvour donne la victoire à l'armée bretonne.
Vous l'aurez compris, le récit a basculé de façon très cohérente (si j'avais su ouvrir les yeux au lieu de béer d'admiration devant Kian, les indices étaient habilement disséminés tout au long du roman) dans le mythe arthurien, dont l'auteur est par ailleurs spécialiste (et on sent qu'elle sait ce qu'elle raconte). Et que c'est bon, nom d'un chien ! Azilis, surnommée Niniane, vole sur le champ de bataille, telle une fée, pour soigner blessés et retrouver Kian pour qui son cœur s'est enfin décidé à battre.

Dans le second tome, Azilis-Niniane devient l'apprentie de Myrddhin, l'Initié, à la séduction dangereuse et ensorcelante. La jeune fille a du mal à lui résister, d'autant que le taciturne Kian est parti, enrôlé par Arturus. Elle découvre les mondes insoupçonnés de la magie, elle apprend à utiliser son don. Et soudain, par delà les mers, elle entend l'appel de son frère jumeau, resté au monastère (ah oui, j'ai oublié de vous en parler, mais il a une place très importante dans les deux tomes). Il lui faut absolument repartir en Gaule.
J'ai beaucoup beaucoup aimé. Je suis bien sûr amoureuse de Kian (je déteste ce manipulateur de Myrddhin, oui oui, même si j'aime Merlin), et je me sens particulièrement proche d'Azilis, rebelle à toute autorité, qui défie les lois humaines et surnaturelles. Elle souffre, se trompe, mais elle assume et agit. Une vraie bonne lecture, et bien écrite en plus. Le troisième tome devrait sortir fin 2010.
Azilis, l'épée de la liberté et La nuit de l'Enchanteur, Valérie Guinot, chez Rageot bien évidemment.
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lundi, 18 janvier 2010
Anita Blake (Dark Side Challenge 1)
Anita Blake est Réanimatrice : elle réveille les morts (très pratique quand on a un souci d'interprétation sur un testament) pour le compte d'une petite société. Elle côtoie donc au quotidien zombies, goules, lycanthropes, rats-garous (ça a l'air sympathique comme tout, présenté comme ça, mais les rats-garous font 1.50m au garrot, sont couverts de poils, et ont une furieuse propension à ne se déplacer que par groupes de plusieurs centaines d'individus. Moins mignons, d'un coup, les ratounets, hein ?), et autres charmantes créatures de la nuit, qui dans ce monde ont acquis un statut social. On songe même à leur accorder le droit de vote, c'est dire.
La Reine des Vampires, un peu sur les nerfs depuis qu'on lui massacre à tour de bras ses buveurs de sang les plus puissants, fait appel à Anita pour qu'elle enquête sur ces meurtres. Ce qui pose un léger souci : Anita, surnommée l'Exécutrice, n'est pas franchement ravie. Pour elle, un bon vampire est un vampire mort. Enfin, vraiment totalement et irrémédiablement mort (je sais, ça fait beaucoup d'adverbes, mais je fais ce que je veux, c'est mon texte). La reine a toutefois des arguments imparables pour obliger la belle à jouer les détectives (en clair, si elle refuse, elle meurt. Convaincant, non ?). Inutile de préciser que les vampires ne sont pas non plus au comble du bonheur à l'idée de savoir l'Exécutrice dans les parages immédiats de leur cercueil.
Bref, ça bastonne, ça saigne, ça mord, ça gigote dans les tombes, mais... je n'ai pas été conquise. Ca se lit, sans plus. L'intrigue se tient, mais n'a rien de révolutionnaire (des meurtres, des faux coupables disséminés en chemin, et un méchant somme toute pas trop difficile à identifier). C'est surtout le traitement du personnage d'Anita qui m'a posé problème. Trop schématique, sans émotion, un humour pas assez décapant.
Et puis, j'ai beaucoup de mal à adhérer à l'esquisse d'histoire d'amour qui va sans doute se dérouler dans les prochains tomes (enfin, j'imagine) : celui qu'on essaie de me refourguer comme hot man, le charismatique et sexy vampire Jean-Claude (oui, je sais...) porte des chemise à jabot en dentelle. Et là... c'est juste pas possible.
Dans le même genre, j'ai préféré cent fois la série Mercy Thompson : beaucoup plus drôle, mieux écrit (parce que bon sang, les concordances de temps, c'est pas fait pour les chiens !), avec une héroïne attachante et toute une galerie de personnages nettement mieux campés. Et aucune chemise en dentelle. Ca fait toute la différence.
Anita Blake, Plaisirs coupables, de Laurell K.Hamilton
Lu dans le cadre du Dark Side Challenge. 1/12

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vendredi, 15 janvier 2010
le fusil de chasse

Il n'est jamais trop tard... Je viens de découvrir ce magnifique roman de Yasushi Inoué, tout à la fois terrible et pudique.
Suite à la publication d'un de ses poèmes dans une revue de chasse, un poète reçoit une lettre d'un chasseur, Josuke Misugi, convaincu qu'il est le personnage qui a inspiré ce texte. Bouleversé que l'auteur soit parvenu à mettre des mots sur sa solitude, il joint à son envoi trois lettres de femmes, comme pour éclairer celui qu'il est. Il demande seulement au poète de les lire.
A travers ces lettres, trois figures de femmes se dessinent : Saïko, sa maîtresse qui vient de se suicider, Shoko, la fille de celle-ci, et Midori, son épouse. Chacune d'entre elles raconte à sa façon la relation adultère de Josuke et Saïko, et dresse un portrait du chasseur, en creux. Les sentiments sont malmenés, ça fait mal, la trahison, le ressentiment, la souffrance ont la part belle, et pourtant, tout est retenu, élégant, concis.
Chaque lettre apporte un éclairage nouveau aux relations des personnages, et chaque nouvelle révélation semble prendre tout naturellement sa place dans l'ensemble. La dernière lettre, celle de Saïko, qui fait le choix de se suicider, est très belle. Sereine et apaisée, elle évoque le bonheur d'aimer aux côtés de Josuke, bonheur sans égal.
Une tragédie douce et violente à la fois, une très belle lecture.
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